Après les partis politiques, les syndicats, les associations et les griots, le démon de la division frappe-t-il à la porte du mouvement associatif islamique malien?
En tout cas, dans une lettre datée du 27 Janvier 2008, adressée au Président de la République, des associations et groupements d’associations islamiques du Mali lancent une pétition contre le nouveau bureau du Haut Conseil Islamique, issu du premier congrès ordinaire tenu du 29 au 31 Janvier 2008, et qui est dirigé par El Hadj Mahmoud Dicko, secrétaire général de l’AMUPI qui succède ainsi à Thierno Hady Thiam. Pourquoi ces associations sont-elles en colère? Combien sont-elles à signer cette pétition? Que veulent-elles donc ?
Pour répondre à ces questions qui taraudent les esprits, les vingt et quatre (24) associations et groupements d’associations islamiques du Mali concernées portent à la connaissance du Président de la République, Amadou Toumani Touré, ce qui suit :
“Nous venons, par la présente, vous informer de la tenue du premier congrès ordinaire (29 au 31 Janvier 2008) du Haut Conseil Islamique du Mali (HCIM) et les faits qui en découlent.
Considérant la demande faite aux associations et groupements d’associations islamiques du paiement de cent vingt cinq mille francs (125 000 F) dont : 25 000 F pour leur adhésion au Haut Conseil Islamique, 100 000 pour leur contribution aux frais d’organisation du congrès ;
Considérant la demande faite aux associations et groupements d’associations islamiques, à une semaine du congrès, de faire parvenir le nom de leurs délégués, au plus tard, le samedi 26 Janvier 2008 ;
Considérant le non respect des statuts et règlement régissant le HCIM et l’organisation du présent congrès ;
Nous, associations et groupements d’associations islamiques du Mali, avons tenu une assemblée générale à ce jour 27/01/ O8 au siège du HCIM , pour manifester tout notre désagrément et notre indignation de la combine à l’encontre des mouvements associatifs islamiques et du principe collectif de l’Islam.
Monsieur le Président, pour la tenue de ce 1 er congrès ordinaire du Haut Conseil Islamique du Mali, la représentativité de toutes les sensibilités religieuses et le respect des textes sont nécessaires.
L’article 7 Alinéa 1 du Règlement Intérieur du HCIM dit : le programme du Congrès et les documents y afférents doivent parvenir aux délégués ou aux associations, au moins un mois avant la date de la session, et 15 jours pour la session extraordinaire.
La correspondance du HCIM nous indique qu’il s’agit bien d’une session ordinaire et la première. Ainsi, le délai de mise à la disposition des documents d’au moins 1 mois ne saurait être justifié par le HCIM.
Un droit d’adhésion de 25 000 F est dans les statuts. Mais il n’a pas été jusqu’à présent porté à la connaissance des associations. C’est ainsi qu’une réunion du Bureau Exécutif, élargie aux Bureaux de Conférence des Oulémas et de la Commission Nationale de Contrôle du HCIM, a décidé de surseoir au paiement de ces droits sur les associations, jusqu’à la fin du congrès.
Il n’est pas logique de demander aux associations le paiement d’un droit d’adhésion de 25 000 F et d’une contribution de 100 000 F, à moins de 7 jours du congrès. C’est tout simplement une façon de faire écarter ingénieusement du congrès ceux qui n’ont pas les moyens de débourser, en une semaine 125 000 F. Une condition profitable à certains opportunistes et égocentristes du HCIM à se faire réélire à la tête des musulmans sans leur consentement.
Nous, associations et groupements d’associations islamiques présents à l’assemblée de ce jour 27/01/ 2008, demandons de reporter la date de la tenue du congrès, de façon à respecter le délai d’au moins un mois, et de la mise à la disposition des documents y afférents ; à défaut, lever toutes les conditions de ce paiement inopiné des frais pouvant entraver la participation de plus de 80% des associations islamiques au congrès.
Comptant sur votre bonne compréhension, veuillez recevoir, Monsieur le Président, l’expression de notre parfaite considération”.
Sont ampliatrices de la lettre-pétition, la Primature, le Ministère de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales, le Ministère de la justice, le Haut Conseil Islamique et le Gouvernorat du district de Bamako.
Au cas où les plus hautes autorités du pays ne tendraient pas une oreille attentive à leur requête, afin de trouver une solution à cette crise née du premier congrès ordinaire, avertissent les pétitionnaires, on ira vers la création d’un second Haut Conseil Islamique (HCIM). Ce sera alors bonjour le bicéphalisme chez les musulmans maliens. Le gouvernement parviendra-t-il à gérer ce problème, afin d’éviter au Mali une crise, dans ce milieu très sensible qu’est celui du mouvement associatif islamique malien?
Oumar SIDIBE
13 Février 2008.
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